Historique de la commune

Les origines de notre village se perdent dans les brumes de l’histoire : diverses trouvailles réalisées dans la Grande Lande ont montré qu’au cours de la préhistoire récente et de la protohistoire notre territoire n’était pas un grand désert.

Origine du nom

En ce qui concerne l’origine du nom de Belin (Beliet étant un diminutif de « Belin » , elle pourrait être romaine (nom d’un personnage) ou encore liée à un dieu gaulois dénommé belenos. Chercher l’origine de Belin dans le nom d’une tribu gauloise (belendi) paraît maintenant devoir être exclu.

La butte d’Aliénor

La butte dAliénorSi globalement l’histoire de BELIN-BELIET est celle de la contrée environnante, elle présente toutefois des particularités.

Les faits marquants de l’histoire belinetoise sont d’une part liés à l’histoire du château de Belin et d’autre part liés au passage sur le territoire communal des pèlerins de St Jacques de Compostelle.

Rapidement la présence d’un château est attestée à Belin.

Dès le Moyen Age ce site paraît avoir eu une certaine notoriété, les chansons de Geste sont là pour le démontrer notamment Garin le Loherain dont un compagnon n’est autre que Bégon de Belin.
C’est d’ailleurs dans le château de Belin qu’une tenace tradition locale fait naître Aliénor d’aquitaine qui fut à la fois reine de France et reine d’Angleterre.

Quoiqu’il en soit Aliénor accorda aux habitants de Belin et de sa juridiction une charte avantageuse.

A cette époque il est possible qu’Aliénor ait possédé le château en propre.

Une chose est toutefois certaine : Belin reçut à plusieurs reprises les rois d’angleterre durant les campagnes liées à la guerre de cent ans. Henri III y séjourna ainsi à plusieurs reprises : en 1232 il date d’importantes lettres patentes de Belin, le 27 mai 1243 il était encore à Belin, le 15 juillet 1243 il ordonne à tous les barons du pays de se trouver à Belin le 1ER jeudi d’août bien armés et bien montés pour le service militaire. Enfin le 22 août de la même année 1243 Henri III est encore présent à BELIN où il reçoit l’hommage des seigneurs landais.
D’autres rois d’Angleterre sont également passés par Belin : le prince Edouard le 8 mai 1255, Edouard 1er le 7 juin 1288 et Edouard III en 1343.

Les seigneurs de Belin se succédèrent jusqu’à la révolution où la seigneurie disparut et le château fut petit à petit démantelé. La dernière tour disparu ainsi durant la deuxième moitié du XIXéme siècle.

A l’heure actuelle ne subsiste qu’un site évocateur avec une partie de sa motte qui domine le bourg de Belin.  Ce lieu est connu localement sous l’appellation « butte d’Aliénor ».

Les deux paroisses

Si la seigneurie de Belin comprenait Beliet, il n’en était pas de même au niveau des paroisses.

Belin nom du château et chef lieu d’une juridiction était situé sur le territoire de la paroisse de Mons dépendant du diocèse de BAZAS.

Du siége de cette paroisse existe encore le quartier de Mons et sa magnifique église dont la partie la plus ancienne remonte au XIéme siécle.

La paroisse de Beliet dépendait du diocèse de BORDEAUX.

Sur la route de Compostelle

Croix des pélerins à MonsDéjà au Moyen Age les deux paroisses qui devaient constituer plus tard la commune de BELIN-BELIET étaient alignées sur un important axe de passage Nord/Sud : le chemin public de Saint jacques reliant Bordeaux à Dax par Belin ou Camin Roumieu.

Le passage par notre contrée des pèlerins en marche vers St Jacques de Compostelle est en effet un point fort de notre histoire.

BELIN-BELIET se trouvait sur l’une des trois grandes voies menant à ST JACQUES DE COMPOSTELLE : la voie de Tours.

Belin était même une étape « obligée » sur cette voie. En effet le « guide du pèlerin de Saint Jacques de Compostelle » contenu dans le « liber sancti jacobi » ou « codex calixtinus » (rédigé dans la 2éme moitié du XIIé siécle) localisait dans la petite cité le tombeau des compagnons de Roland, le héros malheureux de Roncevaux.

Les dévotions sur ce tombeau étaient un moment fort pour les pèlerins avides de merveilleux. Malheureusement la situation de ce tombeau n’est pas restée dans la mémoire collective et le site n’est plus connu à ce jour. Il s’agissait vraisemblablement, comme a pu l’écrire Camille Jullian, d’un vaste tumulus.

La seigneurie possédait deux prieurés chargés d’organiser l’accueil des pèlerins.

En venant de Bordeaux les marcheurs rencontraient tout d’abord l’hôpital de Belin qui paradoxalement se trouvait en fait dans la paroisse de Beliet, au lieu dit l’Hospitalet.

Le deuxième hôpital se trouvait quelques kilomètres plus loin, vers le Sud, sur le territoire de Belin, au lieu dit Le Passage. Il portait le nom d’hôpital de Mons ou du pont de Mons.

Eglise de Mons (XIème siècle)

Après ce dernier prieuré les pèlerins traversaient la Leyre et poursuivaient leur chemin vers St Jacques en côtoyant l’église de Mons.

Chacun de ces prieurés possédait chapelle, hôpital pour abriter les pèlerins et une maison d’habitation où vivaient des communautés sacerdotales : bénédictins à Beliet, prêtres séculiers à belin.

Le flux constat de pèlerins, parfois très important durant la belle saison, s’étala sur plusieurs siècles, le prieuré de Belin n’étant supprimé qu’en 1762 et celui de Beliet qu’en 1766.

 

Gîte de MonsDepuis plusieurs années les pèlerins ont repris le chemin de St Jacques et la commune accueille chaque année plusieurs dizaines de marcheurs dans son gîte spécialement aménagé pour les recevoir, sur le site même de l’église de Mons.